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3 Pièges Scénaristiques classiques...et comment les éviter !

  • Photo du rédacteur: DB
    DB
  • 25 nov. 2023
  • 2 min de lecture

L'art de créer une histoire captivante est une discipline en constante évolution. Que vous soyez scénariste débutant ou confirmé, vous connaissez sans doute la frustration des obstacles et la difficulté des angles morts..."Quelque chose ne fonctionne pas, je le sens - mais je ne sais pas quoi".

Bien entendu, c'est à ce moment là une excellente idée de faire appel à Un Autre Regard pour une petite session script-doctoring.

En attendant que vous sautiez le pas, explorons dans cet article 3 pièges scénaristiques classiques dans lesquels chacun est susceptible de tomber, et comment les éviter.



1. Le Piège du Héros Parfait

EXT. PRECIPICE - JOUR. Julien, sans réfléchir, sauve (à une seule main) les quarante orphelins du bord du précipice.

Nous aimons nos protagonistes. Nous passons du temps avec eux, à les imaginer, à les chérir, à croire en eux avant même de les incarner dans des mots. Il est ainsi naturel d'oublier de les accabler de failles psychologiques et morales.

Nous basons également beaucoup de nos personnages sur nous-mêmes, et notre égo peut parfois faire barrière…


Malheureusement, un personnage accompli est un personnage ennuyeux à mourir. Les imperfections rendent le protagoniste humain, crédible, et permettent au public de s'identifier à ses luttes.

Les spectateurs aiment suivre des personnages douteux qui font des choix discutables… Pensez-y : vos personnages préférés sont-ils tous irréprochables ?

Plus important encore, la perfection ne permet aucune progression narrative. C'est dans la résistance au changement et dans les erreurs que se construit votre arche narrative, le squelette de votre histoire.



2. Le Piège du Dialogue (du dialogue, et encore du dialogue…)



Un extrait d'un scénario. Julien : Je suis tiraillé par un conflit interne. Elodie : Dis-m'en plus ! Julien : Tu es bien sûre de ça, Elodie?

Le dialogue est le raccourci le plus séducteur du processus d'écriture. Nous avons tous cédé un jour à ses charmes, et nous nous en sommes voulu (ou nous aurions dû).


Le cinéma est un médium visuel, et le scénariste écrit des images. A moins d'être un Audiard ou un Blier, écrire un film à dialogues est risqué - et n'excuse en rien la négligeance du nuances du langage corporel, du sous-texte et des sous-entendus...

Créer des scènes visuellement évocatrices engage le spectateur d'une manière bien plus immersive que le bavardage explicatif. Le dialogue ne peut pas porter l'histoire à lui seul ; il doit s'harmoniser avec le langage visuel pour créer une expérience cinématographique complète.



3. Le Piège des Résolutions Brusques

Un extrait d'un scénario qui met en scène Julien, qui se fait pardonner par sa fille, promouvoir par son boss et dont les sentiments sont réciproqués par son amante alors qu'il n'a rien fait pour obtenir ces choses-là.

Après des mois d'écriture, nous sommes épuisés, et c'est bien normal. L'Acte II nous a terrassé et nous apercevons enfin la ligne d'arrivée. Il est tentant de tricher pour la franchir, et de résoudre toutes nos intrigues et sous-intrigues à l'occasion d'un même feu d'artifice.


Vous vous en doutez, ces résolutions brusques laissent le spectateur insatisfait. Si vos résolutions ne sont pas la conséquences organique et graduelle de l'évolution des situations, elles ne sont pas méritées.


Il est essentiel que la conclusion de votre récit soit préfigurée dès les premiers instants du film, et résulte d'une trame soigneusement élaborée et psychologiquement plausible. Vos personnages doivent changer devant nos yeux et nous devons être les témoins privilégiés des évènements transformateurs qui les font grandir.


C'est dans cette maturation que la fin trouve sa crédibilité, son poids, et son sens.



Conclusion


Chaque écueil surmonté est une étape vers la maîtrise narrative, vers la création d'histoires qui résonnent dans le cœur du spectateur.

L'exploration créative est aussi importante que le résultat final...

 
 
 

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